Devriez-vous utiliser une balance connectée ?

Avec l’essor de la technologie et l’intérêt grandissant des services connectés pour les données de santé et de bien-être, les bioimpédancemètres ou balances connectées, fournissent de plus en plus de donnée, notamment le taux de masse grasse, relatives à la personne qui se pèse.

Problème : les balances ne sont absolument pas habilitées pour ça. En fait, seul un cas de figure pourrait être retenu comme valable.

 

Si les balances ne sont pas fiables ce n’est pas parce qu’elles sont de mauvaise qualité mais parce qu’elles sont physiquement incapables de faire une mesure correcte ET parce que les calculs établis pour déterminer ces données sont critiquables.

 

Déjà, comment ça marche ?

L’idée du courant électrique

Le mécanisme de base est relativement simple. Vous pouvez apercevoir, sur votre balance, des ronds métalliques qui sont des électrodes entre lesquelles il s’exerce une tension électrique. Lorsque vous montez sur votre balance, la présence de cette tension induit un courant électrique dans votre corps d’une intensité imperceptible. En gros, un courant électrique entre par un pied au niveau des électrodes et ressort par l’autre pied grâce aux autres électrodes.

Votre corps devient alors un morceau de circuit électrique qui s’apparenterait à une résistance. Comme ce dernier mot le précise, le corps s’oppose alors au bon passage du courant et c’est cette capacité à s’opposer plus ou moins à ce passage, qui permet de déduire la composition du corps car chaque élément (le gras, les os et les muscles) a une résistance différente.

 

Le calcul de la masse grasse

Pour pouvoir estimer votre masse grasse, la balance connectée doit déterminer votre composition corporelle. La masse grasse se calcule ainsi : masse grasse = masse totale – masse maigre (tout ce qui n’est pas du gras : os, muscles, eau).

La masse totale correspond au poids écrit sur la balance. Pour trouver la masse grasse, il ne reste donc plus qu’à définir la masse maigre.

Des approximations déterminent que la masse maigre d’un corps humain est répartie en 73% d’eau, 20% de protéines, 6% de minéraux. Ces approximations présentent un avantage et un inconvénient :

  • L’avantage : si l’on parvient à déterminer la quantité de l’un de ces éléments, on peut en déduire la quantité des autres,
  • L’inconvénient : il s’agit d’approximations issues d’estimations qui ne sont pas universelles et qui peuvent changer en fonction du taux d’hydratation ou de l’état de santé.

 

Supposons néanmoins que la répartition citée soit réelle.

 

La mesure de l’eau

L’élément le plus facile à mesurer est l’eau car elle est conductrice. Ainsi, plus la proportion d’eau sera importante, plus le courant électrique passera facilement. A contrario, plus le gras qui est un mauvais conducteur, aura élu domicile, moins le courant passera facilement.

L’objectif est donc de mesurer la quantité d’eau dans le corps. Un problème est alors posé car l’eau est située à la fois à l’extérieur et à l’intérieur des cellules. Si la quantité d’eau à l’extérieur des cellules est aisément déterminable, il est en revanche difficile à votre balance d’estimer celle à l’intérieur des cellules car celles-ci possèdent une membrane isolante s’y opposant.

 

Le problème des balances sans poignées

En supposant qu’il soit aisé d’estimer la quantité d’eau intra- et extracellulaire, il existe, pour beaucoup de balance une autre source d’approximation. En effet, un courant électrique emprunte toujours le chemin le plus court pour aller d’une borne à l’autre. Donc, si votre balance ne possède pas de poignée et que les électrodes sont situées au niveau des pieds, le courant électrique montera par une jambe, passera par votre entrejambe et redescendra par l’autre jambe.

La balance estimera donc votre composition corporelle en se basant seulement sur vos jambes. Sachant qu’il y a autant de morphologies que d’êtres humains et que les répartitions corporelles peuvent changer extrêmement d’un individu à l’autre, cette approximation rend cette mesure obsolète.

 

Le problème des modèles mathématiques d’estimation

Toutes ces données en main, nous devrions alors être capable d’estimer l’ensemble des données corporelles. Mais, un autre problème est posé : estimer/évaluer deux choses différentes nécessite de les comparer selon les mêmes modèles mathématiques. Or, il semble qu’il existe autant de modèles que de marques de balances (il n’y a pas de normes admises).

 

En outre, ces modèles mathématiques sont des moyennes et ne prennent pas en compte les origines et les ethnies qui sont pourtant des facteurs apportant des variations significatives à la masse maigre et à la densité osseuse.

 

Alors, devez-vous jeter votre balance intelligente ?

Eh bien non. Déjà parce que vous l’avez payé et que ça serait bête de la jeter. Ensuite, parce qu’elle vous donne votre poids et que cela reste une mesure intéressante à connaître.

Mais cet article vous invite à ne faire en aucune fixette sur ce que vous indique votre balance.

Si votre vœu le plus cher était de connaître toute votre répartition corporelle, alors je ne pourrais que vous recommander de faire un Dexa Scan qui reflètera correctement votre état de santé général.

Et je vous confie une autre astuce : utilisez tout simplement un miroir qui est probablement la meilleure source d’information de l’état de votre composition corporelle !




Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *